Tour de la Charente-Maritime

C’était il y a quelques mois, déjà, mais il n’est jamais trop tard pour écrire. Ce vol a eu lieu le 5 août 2017, en guise d’au-revoir à mon grand ami Julien qui quittait l’Ouest pour la capitale des gaules.

Ju & Capt. Matt

Cela faisait donc plusieurs semaines que j’avais décidé de faire, ce qui pour moi était un gros challenge : le tour de la Charente-Maritime.

Après avoir préparé la liste des 10 aérodromes dans lesquels j’avais l’intention d’atterrir, j’ai entamé le travail de préparation des navigations.

Il me fallait un copilote ou plutôt un « cobaye » pour faire cette expérience avec moi. J’ai donc choisi mon ami Julien pour m’accompagner dans ce périple de plus ou moins 2h30 de vol avec 10 décollages et atterrissages.

Nous avions donc prévu de nous rendre sur les aérodromes de Saint-Pierre-d’Oléron, Marennes-Oléron, Royan-Médis, Montendre-Marsillac, Pons, Jonzac, Saintes-Thénac, Saint-Jean-d’Angély, Rochefort et enfin, retour à la Rochelle !

J’ai préparé chacun des segments comme une navigation individuelle. J’ai reporté sur ma carte des routes qui me semblaient également touristiques, pour que nous puissions profiter des beaux paysages du département. Décollage prévu à 11h00 du matin.

Ce jour-là, Julien avait pris sandwiches et boissons pour notre escale « déjeuner » et il ne me restait plus qu’à décoller pour ce beau voyage.

Premier segment : la Rochelle–Saint-Pierre-d’Oléron

Décollage en piste 27. Plusieurs choses, ce matin, devaient être prises en compte. La météo n’était pas formidable mais le vol restait possible. Un peu de nuages au-dessus de nous, partons et si la météo ne nous y autorise pas, nous ferons demi-tour. Deuxième problématique, des montgolfières à Jonzac. L’aérodrome est fermé. Tant pis, nous passerons au droit de ce village du département mais nous n’y atterriront pas.

Je décide que nous partirons après avoir fait le plein de carburant. Décollage en piste 27, direction l’île de Ré. Nous allons survolé l’île pendant quelques nautiques pour prendre de l’altitude et franchir l’océan rentre Ré et Oléron à une altitude suffisante. Nous arrivons au-dessus du phare de Chassiron après avoir dépassé le Lavardin et nous redescendons en direction de l’aérodrome de Saint-Pierre-d’Oléron. Beaucoup de trafic ce matin autour de l’aérodrome et notamment quelques ULM qui ne disposent pas tous de radio. L’un de me double par le dessous, un autre arrive derrière moi. Ce dernier dispose d’une radio et communique avec nous pour nous indiquer qu’il nous laissera passer devant lui. Vente-arrière en piste 28, je converge vers le terrain et me pose. Je m’arrête sur le parking près de l’aéro-club. Je vérifie les paramètres de l’avion et récupère les papiers relatifs aux segments suivants. Je remonte le taxiway et viens me positionner au seuil de piste pour redécoller. Pas d’alarme, pas de voyant, plein gaz ! L’avion prend de la vitesse, 100 km/h, 110, je décolle. L’avion ne monte pas très vite… Je m’aperçois que j’ai oublié de relever les volets et que la traînée m’empêche de monter. Je rectifie le tir dès que je m’en aperçois et d’un coup notre aéronef reprend sereinement de l’altitude. J’en parlerai plus tard à mon copilote. Nous voilà repartis en direction de marraine Oléron, payer les huîtres.

Deuxième segment : Saint-Pierre-d’Oléron–Marennes-Oléron

Toujours nuageux, le plafond reste suffisamment haut pour que nous puissions voler confortablement aux alentours de 2000 pieds au-dessus de l’Ile d’Oléron. Les lumières sont belles et je sais déjà où je dois trouver ce petit terrain en herbe caché au milieu des marais du sud du département. Je suis passé quelques jours plutôt en allant à Royan et avait assuré le repérage pour me conforter sur cette deuxième étape. Je bascule la radio sur la fréquence de l’aérodrome de Marennes et trouve sans surprise le largueur de parachutistes sur la zone. Nous échangeons quelques mots et il me donne la piste 04 en service. J’évite donc la verticale du terrain pour ne pas faire de steak haché avec les parachutistes qui redescendent. Je me positionne pour atterrir avant qu’ils ne reviennent et décide de nous ferons une petite escale technique, moteur coupé sur cette aérodrome. Une fois posé, j’indique à mon copilote l’erreur commise au décollage précédent. Il ne m’en tient pas rigueur et sa confiance n’est pas altérée. Nous passons brièvement aux toilettes, discutons un peu avec les les personnes présentes sur le site et remontons dans l’appareil avant pour redécoller. Rapide échange avec le largueur qui me propose de décoller rapidement avant son prochain largage. J’obtempère, j’étais prêt en bout de piste, pas de voyant, pas d’alarme, et cette fois-ci, les volets sont positionnés sur le premier cran. La piste est courte mais nous sommes à la bonne vitesse environ au milieu de la course, je tire délicatement le manche pour que nous décollions sereinement en direction de l’aérodrome de Royan.

Troisième segment : Marennes–Royan.

Nous approchons de midi. J’ai faim et suggère que nous prenions notre sandwich sur le prochain aérodrome. La distance entre Marennes et Royan est relativement courte. Sans encombre nous rejoignons à l’aérodrome pour la pause de midi. Il n’y a pas d’ATIS et le trafic est nul. Je repère la manche à air à la verticale de l’aérodrome et emprunterai donc la piste 28 pour atterrir. Atterrissage sans problème, c’est l’heure du casse-croûte, mais la météo me semble menaçante et nous pourrions tout à fait interrompre notre périple. Regardant le ciel, de plus en plus, les nuages ont l’air noir et menaçant. Toutefois la direction que nous comptons prendre semble contourner la masse nuageuse. Je propose de décoller après un éclair au chocolat salvateur et de voir dans quel état est le ciel se comportera. Nous choisirons notre direction en fonction. Nous entamons donc notre quatrième segment de la journée.

Quatrième segment Royan–Montendre Marsillac

Mon copilote commence à s’intéresser à la cartographie. Il ne tardera pas à me guider et à me « délester » de la navigation pendant le reste du voyage. Au sortir de Royan nous allons survoler la Gironde, pour observer les maisons troglodytes de Meschers, le long de l’estuaire, et profiter de la vue des deux côtés de ce magnifique fleuve. Spectacle fabuleux, il est bientôt temps de piquer vers l’intérieur des terres, direction l’est, pour trouver l’aérodrome de Montendre-Marsillac. Petite bande de terre perdue au milieu de la forêt, mais assez aisément repérable (sauf la première fois, n’est-ce pas, Théo) par l’hippodrome se trouvant immédiatement au nord. Je m’étais perdu à ma première navigation ici, après avoir été balloté par les nuages qui faisaient pompe au-dessus de mois, et j’avais failli planter le nez de l’avion (heureusement Théo avait rattrapé la chose, on apprend, on apprend). Ce fut une bonne expérience. Nous fouillons la campagne pour retrouver cet aérodrome et je laisse mon copilote d’un jour exercer sa vision de l’horizon pour me dire dans quelle direction je dois me rendre pour atterrir à notre prochaine escale. Voilà Montendre, la manche à air indique un vent venant plutôt du Nord, nous atterrirons donc par le sud pour un complet et repartir ensuite vers l’aérodrome de Pons. À l’atterrissage, rapide photographie au pied de la tour de contrôle désormais inutilisée et de la fusée de Tintin, rouge et blanche, historique, symbolique, souvenirs de notre enfance. Nous remontons le taxiway pour nous positionner au seuil de piste et décoller de nouveau vers notre prochaine escale.

Cinquième segment : Montendre–Pons

Pons n’est pas très loin devant nous. Un peu plus difficile à trouver, au milieu de la campagne, une bande d’herbe qui ressemble à une autre. Nous passons au-dessus de la manche à air, vent toujours du nord, nous atterrissons, là encore, complet pour repartir proprement du seuil de piste. Désormais à chaque escale, une fois atterri, je précise « volets rentrés » et « paramètres de l’avion OK ». Mon copilote d’un jour n’oublie pas de me questionner au seuil de piste pour savoir si j’ai effectivement rentré les volets et regarde par la verrière si je ne lui ai pas menti. Nous remettons les gaz et décollons désormais en direction de Saintes, mais nous passerons travers Jonzac pour essayer d’observer les montgolfières qui sont dans la zone.

Sixième segment : Pons–Saintes, via Jonzac

Je passe travers Jonzac, l’avion ne fait qu’une bouchée du trajet Pons-Jonzac. Quatre minutes de vol tout au plus. Nous scrutons l’horizon, pas de ballon. Apparemment, le ciel n’est pas clément pour les montgolfières et le contrôle de Bordeaux avec lequel nous étions passés au niveau de Jonzac et de Montendre nous indique que les montgolfières ne décolleront sûrement pas aujourd’hui. Également, le contrôle à Bordeaux nous indique que La Rochelle nous avait perdu, nous volions bas est loin, notre contrôleuse favorite nous donnait même des informations par texto ! Un grand merci à elle pour ces indications et ce partage d’expérience au pilote novice que je suis. Nous arrivons à proximité de l’aérodrome de Saintes, sa zone interdite et ses trois pistes en herbe, nous avons le choix. Ce sera la 30, quasiment dans notre axe, le vent étant toujours du Nord. Posé, réglage des paramètres de l’avion, on remonte le taxiway, et c’est reparti pour Saint-Jean d’Angély. Un atterrissage de plus à mon actif, sur un terrain que j’ai peu pratiqué en formation.

Septième segment : Saintes-Saint-Jean d’Angély

Je ne connais pas Saint-Jean d’Angély, je n’y suis jamais allé, ni par la route, ni par les airs. D’en haut, on me l’a montré plusieurs fois, mais je ne m’y suis jamais rendu, ni pour un toucher, ni pour un déroutement. Je suis donc le trait sur ma carte, ainsi que mon log de navigation. Rien de miraculeux à signaler, je trouve facilement la piste. Grâce à mon copilote, bien évidemment ! Je me pose en 28, après avoir fait la verticale réglementaire et nous voilà repartis pour un nouvel aérodrome, Rochefort !

Huitième segment : Saint-Jean d’Angély-ROCHEFORT

C’est tout droit, ou presque, alors on y va. On vise la piste 30 de Rochefort, et on verra sur place si c’est 30 ou 12. Vu le vent sur le trajet… ce sera sûrement la 30. En avant. On fait finalement quelques virages « touristiques » sur la route de Rochefort, pour voir les ponts sur la Charente, et pour voir d’en haut Tonnay et son port. Nous avons la confirmation que la 30 est en service, la piste est très longue. Contrairement à tous les autres aérodromes que nous avons visités ce jour-là, je me sens complètement à l’aise pour un toucher et repartir aussi sec. Voilà qui est fait… le dernier aérodrome avant le retour au bercail, la fin du périple local charentais est proche.

Huitième segment : ROCHEFORT-LA ROCHELLE

C’est presque la fin, mais cette fin ne peut pas être une « routodromie » le long de l’autoroute, non ! Un peu de tourisme nous fera le plus grand bien : on monte haut et on passe au-dessus de la pointe de Fouras, du Fort Enel, de l’Ile d’Aix et du Fort Boyard avant de revenir vers le point Sierra pour une intégration en base main gauche par le sud du terrain. La 27 est toujours en service, comme à notre départ, ce sera la fin de cette très belle balade que je me promets de refaire, car elle était incomplète, je n’ai pas touché Jonzac. Dernier atterrissage plutôt bon, approche propre et contrôle de l’avion avant l’intersection. La piste est longue à la « maison ».

L’heure est au bilan

Bilan, 2h42 de vol au total, 9 aérodromes visités, plein de beaux souvenirs et un ami comblé ! Vivement la prochaine fois 🙂