Today is The Big Day

Today is The Big Day

Aujourd’hui, samedi 8 avril 2017, c’est le grand jour. The Big Day. Une sorte de grand jour pour moi, tout au moins. Un pas de plus vers l’obtention du précieux sésame : la qualification PPL-A. L’heure (tant attendue) de la « Grande Navigation » est arrivée. La Rochelle, Poitiers, Angoulême et retour vers La Rochelle ! Enfin. Tout est réuni, beau temps, accord de mon instructeur pour voler, présence à La Rochelle (c’est mieux). J’aurais cru ne jamais arriver à mettre tous ces éléments dans le même alignement. Sorte d’éclipse de soleil ou de passage de la comète de Halley, je commençais à douter d’y parvenir un jour. Comme le disait (presque) Rouget de l’Isle, mon jour de gloire est donc arrivé.

On révise les basiques

Je vais réviser un peu ma préparation, aller faire inscrire mon autorisation de vol sur mon carnet par mon instructeur, puis préparer mon trajet. Impératif numéro un, faire le plein. Je pars pour environ deux heures de vol au total et il n’est pas question de tomber en rade, ma spécialité étant de m’égarer un peu sur la route (parfois). Ensuite, ce sera l’heure du départ vers Poitiers.

Faire simple, lorsqu’on a déjà fait compliqué par le passé (proche)…

Cette fois, j’ai choisi un trajet beaucoup plus simple que lors de ma première navigation solo vers Poitiers. En effet, pour mon premier trajet dans la capitale du Poitou, j’avais choisi de contourner la zone réglementée R 105 B, par le nord et de réaliser une arrivée compliquée (très, trop, vachement) vers l’aéroport de Poitiers-Biard. Au final, j’avais suivi l’autoroute et intégré directement la vent-arrière pour me poser (merci la tour !).

C’est donc ce schéma simple que j’ai reproduit pour ma navigation triangulaire de 150 nautiques. Décollage en 09, parfait, c’est tout droit. Ensuite, cap 80 jusqu’au point Echo, puis cap 70 vers Poitiers. Avec cela, j’arrive au croisement de l’autoroute et de la ligne à grande vitesse, ce qui me donne un visuel clair sur les installations. Aujourd’hui, l’atterrissage se fera en piste 03.

Au départ de la Rochelle, la météo est excellente, je choisis de prendre un peu d’altitude et de voler à 4500 pieds. Il est exagéré de dire que l’on voit Poitiers depuis La Rochelle, mais je vois déjà Niort depuis le point Echo. Cette partie de la navigation devrait être relativement facile. À proximité de Niort, du largage de parachutistes est en cours et le contrôleur de Poitiers m’invite à éviter la verticale du terrain, situé au sud de la ville. Ce n’est pas un problème. Ma trajectoire passe environ à trois ou quatre nautiques au nord, je n’ai donc aucun souci à éviter les paras.

A 4500 pieds, on voit loin, même moi !

Je poursuis ma route, de Niort, je distingue déjà Poitiers au loin. J’emprunte donc mon trajet le long de l’autoroute à 10 et aimerais que le contrôleur m’autorise à intégrer en longue finale. Contact pris avec la tour, il me demande finalement de rentrer en base main gauche. Je me positionne à la hauteur du tour de piste, je m’annonce en étape de base, je suis autorisé à atterrir. Il y a un peu de trafic autour des installations de Poitiers, mais rien de très gênant. Mon approche est correcte, je suis dans l’axe, dans le plan et à la bonne vitesse. Les paramètres de mon avion sont bons, la pompe est enclenchée, il fait chaud et le réchauffage de carburant n’est pas nécessaire, les pleins volets sont sortis, je suis prêt à me poser.

Atterrissage en douceur, j’ai toujours en tête le conseil de mon instructeur d’empêcher l’avion d’atterrir, je suis vigilant sur la vitesse et garde la main sur la poignée des gaz. Les roues touchent le sol, je garde la roulette de nez en l’air un petit moment, elle retombe, je freine avant le taxiway et sort pour stationner au pied de la tour. Piste dégagée.

Le contrôleur m’invite à stationner dans le cercle situé au pied de la tour. Je mets de l’ordre dans mes papiers, je sors mon log de nav pour le segment suivant, la carte VAC de l’aérodrome d’Angoulême, la coupe de ma route pour y jeter un dernier coup d’œil.

Donne-moi le choix ou donne-moi des ordres, mais choisis !

Je me positionne au point Alpha 1, refais les essais moteur et suis prêt à repartir. La piste est longue, je peux décoller de l’intersection. Le décollage se fera de nouveau en 03, j’attends qu’un avion se pose sur la piste en herbe et qu’un autre atterrisse sur la piste en dur. C’est à mon tour de décoller, je m’aligne et suis autorisé. Pas d’alarme, pleins gaz, j’ai la puissance, la vitesse, 110 km/h, je tire doucement sur le manche, mon avion s’envole de nouveau.

Le contrôleur me demande mon intention et j’indique que je souhaite partir vers la droite. Il me demande finalement de partir à gauche, j’en suis quitte pour un tour de piste, afin de rejoindre le point Sierra. Je m’interrogerai par la suite sur le pourquoi de cette question du contrôleur… S’il entendait me faire passer par la gauche, pourquoi me demander mes intentions ? J’apprendrais aussi à être plus directif, et à dire que je souhaite rejoindre Sierra, par la droite, en contournant la ville. Point.

Je fais le tour de piste et contourne Poitiers pour rejoindre enfin Sierra, mon premier point de repère sur le deuxième segment. Une fois à la verticale de Sierra, ma trajectoire est a priori relativement simple. Je dois d’abord suivre la voie ferrée puis l’autoroute quasiment sur tout le trajet. C’est rectiligne. Il fait beau. C’est lisible. C’est facile, en fait. À mon retour, je parlerai de ma navigation à l’aéro-club. Un instructeur me dira, avec beaucoup d’humour : « Poitiers–Angoulême, c’est de la routodromie ». Comprenne qui pourra. J’ai ri.

Eviter de viser Angoulême dès le décollage

Pour ce deuxième segment, je choisis de voler à une altitude moindre, 2500 pieds. Histoire de ne pas voir mon point d’arrivée dès le départ ! Je trouve sans problème mes points de repère, je suis à l’heure et au bon endroit, il n’y a pas de vent ou très peu.

J’arrive à proximité d’Angoulême. Après avoir quitté le contact avec Poitiers, j’étais passé avec le Service d’information de vol de Limoges et ai ensuite basculé avec l’AFIS d’Angoulême. Il m’indique que la piste 10 est en service, j’atterrirai donc en direction de l’est. Mon arrivée se faisant par le nord, je suis autorisé à intégrer directement en base main gauche puis me positionne en finale. Je suis légèrement décalé de l’axe mais reviens rapidement dans la bonne trajectoire. Il va falloir que je soigne mes approches, je suis souvent décalé… Mon plan est bon, ma vitesse est adaptée. Je suis prêt à atterrir de nouveau. Les roues touchent, freinage, je sors sur le taxiway et demande encore une fois de pouvoir me garer au pied de la tour.

Fais ce qu’il te plait

Le contrôleur m’a invité à me garer au point Charlie 1. Je tourne un peu devant la tour et ne le voit pas, le fameux point. Le contrôleur me voit tournicoter et me dit finalement « Garez-vous où vous voulez ! ». « Chacun fait, fait, fait. C’qui lui plaît, plaît, plaît ! » Je stationne mon avion… peut mieux faire. Je remise mon dernier log de navigation, récupère le suivant pour mon troisième segment. Je n’oublie pas, pour une fois, de noter mon temps de vol. Je redémarre mon avion et annonce que je roule pour me positionner de nouveau sur la piste et pour redécoller.

Un trafic est en train d’atterrir, puis ce sera au tour d’un autre appareil qui tracte un planeur de décoller. Vient ensuite mon tour, je choisis par sécurité de remonter un peu la piste même si cela n’est pas nécessaire vu la longueur restante. Je préfère ne pas prendre de risques et cela me donne confiance. Je redécolle en piste 10, virage sur la gauche pour rejoindre ensuite la vent-arrière et repartir au cap 300, en direction de La Rochelle.

Pas trop haut, un peu de challenge

Retour au bercail. Altitude, 2500 pieds. La visibilité est trop bonne et le challenge est tentant de ne pas voler à trop haute altitude pour s’assurer de bien respecter le travail de navigation. Sur ce segment, c’est un peu moins la « routodromie ». Je passe la ligne à grande vitesse, mon premier point de repère à la sortie du circuit de piste et je quitte la fréquence de l’aérodrome d’Angoulême.

Je repasse temporairement avec Limoges avant de franchir la limite du SIV de La Rochelle. Je quitte avec Limoges, je prends les informations de l’ATIS de La Rochelle qui ont changées : de Fox, nous sommes passés à Golf mais les paramètres restent quasiment les mêmes. Je repère la petite bourgade de Martha, je vois déjà Saint-Jean-d’Angély et distingue presque Surgères au loin.

Un peu d’activité autour de Saint-Jean-d’Angély mais rien de phénoménal. Je poursuis en direction du point Echo, pour m’intégrer, en vent-arrière pour la piste 09.

Je vous entends haché…

Il y a du trafic par ce jour de beau temps, c’est agréable de se dire que les gens volent. Je suis deuxième sur le tour de piste et à la radio les communications des autres pilotes sont mauvaises. Notre Juliet-Charlie ne répond même pas à la tour de contrôle. Bizarre. Il faut rester vigilant.

L’appareil qui me précède est en finale, je ne suis qu’au milieu de ma vent-arrière. Il a le temps de se poser trois fois avant que je n’arrive. Je ne pense pas que j’irai faire des tours au-dessus de Saint-Martin de Ré, tant mieux. Sur la vent-arrière, les paramètres sont bons (encore), la puissance affichée correcte, la pompe est en marche, les volets sont sortis d’un cran.

Je diminue la puissance à 1800 tours tournant en base et suis prêt à me positionner dans l’axe de piste pour une finale en 09. Deuxième cran de volets, 130 km/h, ni plus ni moins, le plan, l’axe. Dernier toucher de la journée, la fatigue se fait sentir. Mon instructeur m’avait prévenu, cela suffit pour aujourd’hui. Je sors et dégage la piste, je roule au parking, JM vient m’accueillir avec la fourche pour m’aider à garer l’avion dans une meilleure position. Au passage, un petit conseil « parking », c’est toujours bon à prendre. Je prends.

Paperasse et décompte

Retour à l’aéro-club, je fais mes papiers, rempli le carnet de route, mon carnet de vol, le logiciel du club.

Je fais aussi le décompte de mes heures de vol en solo. Pour atteindre les 10 heures nécessaires à l’examen, dont 6h00 en navigation. Il me manque 20 minutes ! Caramba, encore raté !

J’offre un verre à ceux qui sont présent à l’aéro-club, la grande nav en solo, je trouve que ça se fête. Tout est une fête : la vie, Paris, les grandes nav solo. Donc je fête.

Je retrouve mon instructeur pour faire le point sur ce vol qui sera celui de l’examen. Dans l’ensemble, j’ai fait une bonne navigation. Il fera beau demain, dimanche, et j’ai la possibilité de prendre un nouveau créneau de vol. C’est chose faite, je réserve de 16h30 à 18h00 sur le Lima-Québec. Mon avion fétiche. Nous discutons de la destination possible pour combler les 20 minutes de vol qui me manquent. Je suggère d’aller à Saintes, mais mon instructeur me le déconseille. Trop de planeurs dans les environs. Je lui propose donc une navigation un peu plus technique (pour mon niveau de pilote non chevronné, hein ?). Atterrir à Pons, redécoller et atterrir à Jonzac. J’ai son blanc-seing. Mon vol est réservé.

Je m’en vais heureux, le cœur battant, manger une ou deux crêpes et finir la soirée aux Têtes Brûlées. What a Big Day!

À demain pour de nouvelles aventures aériennes !