Poitiers : je suis venu, j’ai vu, je me suis perdu.

Ceiling And Visibility OK.

Ce samedi 11 mars, la météo était favorable. Au début, tout au moins.

CAVOK, donc. Je vais avoir l’autorisation de décoller pour ma navigation en direction de Poitiers.

C’est le premier segment que je parcourrai lors de la navigation de l’examen tant attendu. Pour ce premier trajet, je suis censé revenir sur mes pas et rentrer à la Rochelle. Aller-retour, environ 1h30 de vol.

Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?

Je décolle en piste 27, et vire vers le nord dès 500 pieds pour reprendre la vent-arrière du tour de piste et rejoindre ensuite le point Echo. Jusque-là, tout va bien. Je prendrai ensuite un cap 60 en direction de Poitiers. Sur ma route, je prévois un passage au nord de Niort, avant de continuer vers ma destination. J’ai également choisi d’intégrer le tour de piste de LFBI en passant par le nord-ouest des installations, aux points Whisky-Alpha et Whisky.

Je le comprendrai à mon arrivée au club-house, mais l’itinéraire choisi était bien trop compliqué au regard de la simplicité de l’accès à l’aérodrome poitevin. Expérience.

A l’aller, je m’en aperçois avant d’arriver et coupe court aux zigzags que j’avais prévus. Je me contente de longer l’autoroute pour intégrer la vent-arrière de la piste 21 en service. Au retour, je le paierai…

Changer d’avion… fait changer d’indicatif

Aujourd’hui, je vole avec Victor India, Fox-Golf-Alpha-Victor-India. J’essaie de me le mettre dans la tête avant de partir. C’est écrit sur la planche de bord. Non, mais !

Un autre élève a réservé le Lima-Québec et j’ai bien l’impression que nous avons respectivement l’habitude de voler chacun sur l’autre appareil. À la radio, nous formulons notre indicatif en parlant de l’autre avion à plusieurs reprises. En plus, il me suit vers Poitiers. Ce n’est pas gagné.

Rien de bien grave cependant, le contrôleur rochelais nous connaît suffisamment et la tour de Poitiers a repéré que nous étions de jeunes rigolos. Il n’en reste pas moins que je m’annonce à plusieurs reprises comme étant Lima-Québec et lui, comme Victor-India… Bravo !

Arrivée à Poitiers : pause technique nécessaire !

J’arrive à Poitiers. Approche légèrement décalée de l’axe de la piste mais je reprends correctement ma position pour un atterrissage en douceur.

Il y a toujours une petite appréhension avant de toucher les roues au sol, mais je m’aperçois que la formation de mon instructeur est bénéfique. Dans ma tête résonne un « Empêche le d’atterrir ! » Je m’y emploie.

Ayant bu un peu trop d’eau (chose rare) avant de partir, je demande à la tour la possibilité de faire une petite pause technique avant de repartir.

Un autre appareil, en train de faire ses essais moteur, est positionné au point Alpha 2. Le copilote me fait signe et ouvre la verrière. Il m’indique que la météo se gâte et qu’il m’a entendu à la radio dire que je devais retourner à La Rochelle. Il me suggère de ne pas trop traîner sur les installations de Poitiers et de rapidement rentrer vers mon aérodrome d’origine. Je fais une procédure d’arrêt en bonne et due forme, ma petite pause technique et redémarre mon appareil.

Je me positionne au point Alpha 2, réalise les essais moteur, et voit atterrir le Lima-Québec. A son tour, le contrôleur me donne la consigne provenant cette fois de mon instructeur : « Ne traîne pas trop, la météo se gâte. » J’obtempère.

Quand la piste change en 5 minutes et me fait tourner la tête…

Mon décollage aura lieu en piste 03. J’ai écouté l’ATIS avant de décoller et la piste a été inversée. Je décide, comme à l’aller, de ne pas suivre l’itinéraire que j’avais inscrit sur ma carte 1/500 000ème. Beaucoup trop compliqué. Je fais le choix de revenir sur mes pas en longeant l’autoroute et de prendre ensuite un cap 240 pour rejoindre la Rochelle.

Je redessine brièvement une trajectoire sur ma carte, règle mon conservateur de cap, et prends le chemin du retour. J’avais volé à l’aller à 4500 pieds. Je choisis de faire le retour à seulement 1500 pieds, petit challenge de navigation en diminuant la visibilité au loin.

Bien m’en a pris, je me suis perdu ! J’ai suivi l’autoroute avant de prendre mon cap, mais pas au bon endroit. Il est l’heure de passer Niort et pourtant je ne vois pas la ville ni son aérodrome. Où suis-je ? Poitiers m’indique que je quitte sa zone et que je peux passer sur la fréquence de Nantes ou de La Rochelle. Il me paraît plus simple de passer directement avec La Rochelle. 4720 au transpondeurs. Je ne vois toujours pas de Niort et quelques minutes passent. « Si ce n’est pas l’heure c’est que tu n’es pas arrivé. » Là, il l’heure passée et je ne suis pas arrivé… Ça sent le roussi. Ou le QDM !

La tour de La Rochelle me demande si je suis bien « le 4720 à vingt nautiques au nord de Niort ». Peut-être. Je leur dit que j’ai du m’écarter « un peu » de ma route. Pour vérifier, il me demande de passer mon transpondeurs sur 4722. Oui, c’est bien moi. C’est confirmé, c’est mon appareil, je me suis perdu. Tout au moins, je suis sorti de la route que j’avais tracé sur ma carte…

Quoi qu’il en soit, il faut relativiser. L’océan est à l’ouest et La Rochelle est au bord de l’océan. Je suis perdu, mais pas trop ! Je demande tout de même un QDM. La tour me donne un cap, je vais retrouver ma route, mais j’ai fait un bel écart. Je dois virer de 30° vers la gauche ce qui me permettra de rejoindre le point Echo, pour intégrer. J’ai quand même bien dévié de mon itinéraire, 20 nautiques au nord de Niort, cela fait beaucoup. Je passe au-dessus des installations de Fontenay-le-Comte et me rabats vers la Nationale 10 qui me guidera finalement jusqu’à La Rochelle.

Sur le trajet du retour, je constate que la météo s’est très largement détériorée. Un front chaud a ramené une couche nuageuse relativement basse. Cela aurait pu très mal tourner. Heureusement, les nuages, une fois entrés sur les terres, n’ont pas immédiatement généré de précipitations désagréables.

En vue de La Rochelle, la piste 27 est toujours en service et je m’intègre donc en longue finale pour atterrir.

Apprendre toujours et apprendre encore

À mon arrivée, débriefing avec mon instructeur. Bilan : mon itinéraire planifié était lamentable ! Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? « Parce que » ?

Encore une fois, j’apprends de mes erreurs. La prochaine fois, je ferai mieux. Plus droit, plus simple.

Je vais donc rectifier mon programme de vol pour la triangulaire que j’espère faire samedi prochain. L’avantage de naviguer plusieurs fois vers le même aérodrome est que l’on ne reproduit a priori pas deux fois les mêmes erreurs.

Je rentre à la maison un peu fatigué avec l’ambition de retravailler cet itinéraire pour préparer correctement l’examen. En ce moment, les leçons s’enchaînent à bon rythme, je devrais pouvoir passer aux révisions la semaine prochaine, et envisager un passage de ma qualification en avril. J’ai hâte d’y être.

Voilà pour aujourd’hui. Les roues sont posées, les yeux brillent.

Ce dimanche, c’est jour d’Assemblée Générale pour l’aéro-club. Je vais essayer de donner un peu de mon temps à cette belle association.

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