« Matt Solo » : Episode II, de La Rochelle à Angoulême

Tout d’abord, Copyright MR pour le « Matt Solo, the fastest pilot of the Galaxy ». J’adore.

CAVOK à Bordeaux le matin, avion l’après-midi ?

Il faisait beau ce samedi 25 février. J’étais en forme malgré ma courte nuit et ma navigation était prête. J’ai volé ! LFBH-LFBU-LFBH, La Rochelle – Angoulême et retour. 50 minutes à l’aller, 40 minutes dans l’autre sens. 2 atterrissages avant l’intersection avec le taxiway. Mieux que la première fois, hé ! Je me suis même payé le luxe d’une photo devant la tour de contrôle d’Angoulême pour prouver, s’il en était besoin, que je m’y suis bien posé !

Après avoir volé de Casablanca à Bordeaux le matin, je savais que la météo était bonne et que j’allais sûrement pouvoir effectuer mon deuxième solo. Heureux.

Arrivé au club-house, beaucoup de monde cet après-midi avec un fort engouement pour le Pioneer 300, nouvelle appareil fraîchement arrivé à l’aéroclub. De mon côté, j’avais réservé « Lima-Québec », avion sur lequel je commence à avoir mes habitudes. Je me sens à l’aise avec ce Robin et je n’ai pas trop envie qu’il reparte chez son propriétaire… S’il en est ainsi, je passerai sur F-GAVI, avion similaire et qui fonctionne à peu près de la même manière.

Autorisé à décoller… sans la pince de masse !

On vérifie la météo avec mon instructeur. Toujours CAVOK à La Rochelle, à Angoulême et à Poitiers. Je peux y aller. Autorisé à décoller. Après avoir fait le plein. Consigne stricte.

J’ai décidé de voler à 2500 pieds pour suivre facilement l’itinéraire que j’ai choisi. Les zones militaires de Cognac sont inactives. L’ATIS vient juste de changer, le décollage se fera en piste 27. Face à la mer.

Mon appareil revient d’une balade, il a déjà volé environ 1h30, j’irai donc refaire le plein. Je vais essayer de ne pas faire comme la semaine dernière quand j’avais oublié de retirer la pince de masse du pot d’échappement avant de quitter la pompe. Heureusement, mon instructeur qui me suivait avec un autre appareil l’avait retirée avant que je ne redémarre. Cette fois, je fais le plein, remets le pistolet et son enrouleur à leur place, retire la pince de masse, récupère le ticket et je suis prêt à m’envoler.

Un appareil vient derrière moi et je n’ai pas le temps de terminer calmement mes essais pré-vol. Je m’avance un peu jusqu’au point Bravo et poursuis ma checklist. Je n’oublie pas non plus de noter l’heure sur mon log de nav avant de contacter la tour. Information Hotel copiée, essais moteur réalisés, je suis prêt au départ. Le contrôleur ordonne de me rendre au point Alpha et de rappeler une fois prêt. J’arrive Alpha et annonce que je suis prêt, un autre appareil est en finale pour atterrir, je suis autorisé à décoller rapidement. Je m’aligne, pas d’alarme, pleine puissance, c’est parti ! Montée initiale à 150, je rentre les volets à 300 pieds et je suis prêt à virer vers le nord dès 500 pieds. J’emprunte la vent-arrière du tour de piste, continue de monter, coupe la pompe à 1000 pieds. Je m’applique méthodiquement à respecter les consignes. Cap 80, je vise le point Echo, avant de prendre la direction d’Angoulême. J’arrive au-dessus de Dompierre-sur-Mer, le point Echo, et vire au cap 120. Mon prochain point de report sera le terrain de Saint-Jean-d’Angély, sur ma droite.

Trop de monde sur « Radio Bordel »

Arrivée à proximité du terrain de Saint-Jean-d’Angély, le contrôleur de La Rochelle m’invite à passer sur la fréquence de LFIY car il y a du trafic dans la zone. Je m’annonce en transit à 2500 pieds en direction d’Angoulême mais il y a beaucoup de monde sur la fréquence 123.500. Radio Bordel ! J’entends également d’autres aérodromes en autocontrôle qui sont à proximité. Une difficulté supplémentaire. Je veille au grain. J’écoute les conseils de mon instructeur : « regarde dehors, autour de toi, et sois attentif à ton environnement et à la radio ». Je suis suffisamment haut pour éviter le tour de piste et repère quelques appareils qui tournent autour de l’aérodrome. Je passe cette zone un peu dangereuse sans problème et continue ma route vers ma destination.

Point de repère suivant, la ligne à grande vitesse Sud Europe Atlantique. Je passe avec le SIV de Poitiers sur la fréquence 124.0 mais n’obtiens pas de réponse. C’est bizarre et je ne comprends pas pourquoi. Je passerai de toute façon avec l’approche de Limoges avant d’arriver sur le terrain d’Angoulême. Je bascule donc très vite avec Limoges qui me répond, mais il y a également beaucoup de monde sur cette fréquence. Apparemment de nombreux hélicoptères tournent autour de la ville et sollicitent fortement les services du contrôle aérien.

Angoulême, où êtes-vous ?

Je passe la ligne de TGV, puis l’autoroute et recherche le terrain. J’ai mal pris mes repères et le terrain que je recherche et sous mon avion ! Je suis passé en contact avec l’AFIS d’Angoulême qui m’indique que la piste 10 est en service. Il m’invite à intégrer directement en base mais je préfère passer de nouveau verticale du terrain et m’intégrer, comme un écolier, en vent-arrière.

Je suis le circuit de piste, recontacte la tour en milieu de vent-arrière, mon avion est configuré pour l’atterrissage : un cran de volets, le réchauffage et la pompe. Je vire en base puis en finale et m’aperçois que je suis légèrement en déport de l’axe mais sur un bon plan. Je recentre mon avion et vais toucher mes roues juste au bon endroit. Je suis posé, je freine, sort sur le taxiway et demande à la tour me garer pour remettre de l’ordre dans mes papiers.

Pause photo avant de repartir

Garé au pied de la tour, je souffle une minute, prends une photo de moi avec la tour d’Angoulême dans mon dos et indique à l’AFIS que je suis prêt à repartir. Un avion décolle avant moi, j’indique que je souhaite remonter un peu la piste pour décoller. Je m’aligne, vérifie les alarmes, règle le conservateur, remets les gaz. Je m’envole de nouveau.

J’avais prévu de suivre un cap 300, puis 290 jusqu’à La Rochelle pour mon retour mais j’ai finalement suivi exactement le même itinéraire qu’à l’aller. La visibilité est médiocre, j’ai le soleil couchant dans les yeux. Je monte un peu plus haut pour le retour, à 3600 pieds. J’essaye de voir plus loin et de naviguer à l’estime. Le chemin est tout tracé, je reprends les mêmes repères, la ligne à grande vitesse, le terrain de Saint-Jean-d’Angély, Surgères, puis La Rochelle.

Le contrôle indique que je peux intégrer en longue finale directement en piste 27. J’entame une descente rapide de 3600 pieds vers la hauteur de tour de piste à 1100 pieds, je configure mon avion pour l’atterrissage, je suis prêt à rentrer à la maison. Je suis premier pour l’atterrissage, je mets mon deuxième cran de volets, ma vitesse, mon axe, et mon plan sont bons, c’est plus simple d’atterrir à domicile quand on connaît un peu mieux le terrain. Je me pose délicatement, freine pour m’arrêter avant le taxiway cette fois-ci puis dégage la piste. Je roule au parking, plutôt content de mon vol, et déjà avec l’envie de recommencer.

Retour d’expérience et étape d’après

Rentré au club, je remplis le carnet de route, mon carnet de vol, le logiciel de suivi des vols, et mon instructeur me demande d’avoir un regard objectif sur cette navigation. Il rigole aussi en me disant « Merde, tu as ramené l’avion ! ».

Avec du recul, cette navigation s’est plutôt bien déroulée. J’ai encore du mal à trimer mon avion et j’ai eu de la peine à rester stable à 2500 pieds pendant mon trajet aller. Bizarrement, au retour, j’ai vraiment tenu mes 3600 pieds pendant tout le trajet jusqu’à faire une descente rapide vers le tour de piste.

Aussi, je n’ai pas été très bon pour trouver le terrain d’Angoulême alors que j’avais correctement suivi ma carte et avais passé, au bon endroit, mes différents points de repères. À l’approche d’un terrain, il faudra à l’avenir que j’observe plus les environs pour ne pas faire deux fois le tour d’un aérodrome que j’ai déjà dépassé. Je dois aussi soigner mes approches afin de ne pas être déporté de l’axe en finale. Dans l’ensemble, c’était plutôt réussi et j’ai vraiment hâte de passer à la suivante.

Je vais maintenant préparer l’aller-retour vers Poitiers, avant de passer à la navigation triangulaire que je devrais faire lors de l’examen (La Rochelle-Poitiers-Angoulême et retour). Un peu de travail à faire sur la carte, les coupes de route et les logs de nav pour être prêt dans 15 jours à effectuer ces deux vols si la météo le permet.

C’était une riche journée dans le ciel. Vivement la prochaine !

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