Dans le poste de pilotage du vol AT792

Quand je vais voler, que ce soit pour le boulot ou pour les vacances, je suis comme un enfant. Toujours. Voler m’émerveille. Je ne m’en lasse pas et depuis que je pilote, j’éprouve encore plus de plaisir à être dans un avion. Alors, pour bien voir la terre depuis le ciel, je demande à faire un tour dans le poste de pilotage. Souvent.

Il est trop tôt pour voler

Réveil matinal pour un vol à 6:55. Casablanca-Bordeaux. Retour de vacances. A l’aller, le pilote n’a pas pu m’accueillir. J’espère que ce sera possible aujourd’hui. L’équipage a l’air très sympathique. Je le sens bien. Dès ma montée à bord, l’hôtesse ouvre le poste de pilotage et demande l’autorisation au pilote qui m’accueille chaleureusement. Présentations. Je reviendrai en croisière, au-dessus de l’Espagne. Je file alors m’installer à ma place. Je trépigne mais l’horaire matinal me forcera à une petite sieste…

Décollage de Casablanca. Près de l’aile, 23C dans ce 737-800 de la RAM, j’observe les volets. Montée initiale. Je les regarde se rétracter. Je pense à mon vol d’instruction de cet après-midi : La Rochelle – Angoulême. Mes yeux se ferment avant d’arriver en palier.

Plateau du petit-déjeuner. J’ouvre un œil, bois un café. Ce sera bientôt mon heure. Je laisse passer les chariots. J’attends le sourire de la Chef de Cabine qui me dira que le poste m’est ouvert. C’est le moment. Je souris en retour. Retour en enfance (si jamais je l’avais quittée).

Dans le cockpit au FL380

Nous sommes au-dessus de l’Espagne, à quelques nautiques au sud de Madrid. Niveau de vol 380. Nous étions trop lourds pour monter au FL400. Tant mieux, nous restons sous les turbulences de la troposphère. 40 kt de vent, 26 degrés. Visibilité magnifique. Moment idéal pour être assis à l’avant de l’avion. Le Commandant de Bord et son copilote sont vraiment accueillants. On parle avion, aéroclub, apprentissage. L’école de pilotage de Casablanca avait un DA-40. Comme notre aéroclub. Les pilotes me montrent le fonctionnement de tous les équipements. L’ATIS de Bordeaux s’imprime sur la petite imprimante de bord. Madrid fournit les fréquences radios. Les pilotes analysent les cartes de l’aéroport d’arrivée. Le Commandant de Bord inscrit la fréquence de l’ILS en vue de l’approche. Le copilote saisit les paramètres de vol dans l’ordinateur de bord pour la descente.

Nous croisons plusieurs appareils. Séparation en latéral et en hauteur. 19 nautiques pour l’un, 3 nautiques pour l’autre. La vue sur tous les autres aéronefs qui nous entourent est parfaite. C’est plus simple qu’en VFR, la traînée est beaucoup plus lisible ! On les retrouve sur les écrans de bord.

Je prends quelques photos, pour les souvenirs. Un autre pilote, de la compagnie celui-là, a également demandé à être accueilli au poste. Je cède ma place et retourne m’asseoir au 23C pour la fin du vol, la descente et l’atterrissage à LFBD.

Atterrissage, maintenant… c’est à moi

Toucher. Fin du voyage. Vivement cet après-midi, le ciel à l’air clair ici et le QNH était à 1023. Pourvu que ce soit le cas à LFBH et LFBU aussi !