Enfin… ma première navigation en solo !

Enfin, je suis sorti seul du circuit de piste de LFBH. C’est fait. Ma première navigation en solo, tant attendue, c’était finalement pour ce samedi 18 février. Avant de partir, j’écrivais « niveau de flippage, 20, sur une échelle de zéro à 10. » Finalement, ça c’est plutôt bien passé.


La Rochelle – La Roche-sur-Yon, si j’avais mieux trimé, j’aurais moins trimé

Premier décollage de La Rochelle, terrain connu, tout se passe bien. 110, rotation, montée initiale à 150. 300 pieds, les volets. 1000 pieds, la pompe. Je décolle en 27, face à l’océan et vire dès 500 pieds sur la droite pour rejoindre le point de November au-dessus de Charron. Je longe la belle baie de l’Aiguillon et me stabilise (presque) à 2000 pieds (j’entends mon instructeur me dire : « trim ton avion ! »). Survol de Charron, point November et cap 255 direction la Roche-sur-Yon.

Mon premier point de repères, le terrain privé de Luçon. Je passe au-dessus et me paye le luxe d’observer cette aéro-parc privé, maisons avec accès direct à la piste. Je continue sur cette même route, passe à la radio avec Nantes, puis contacte l’AFIS de LFRI. Piste 10 en service, je survole les installations pour ensuite rejoindre le tour de piste par la vent arrière. Je sors légèrement de l’axe mais mon approche est correcte. Je me recentre, et atterrit calmement. J’entends là encore mon instructeur : « empêche-le d’atterrir ! »

Petite pause au pied de la tour. Je mets de l’ordre dans mes papiers, mon log de nav et je suis prêt à repartir. Je remonte la piste 10, juste après un appareil qui décolle. Je suis dans le bon sens pour aller vers Niort, la deuxième étape de ce premier périple en solo.

La prochaine fois, ton instructeur tu écouteras et tu te poseras

Deuxième tronçon, je me mets à 2000 pieds. Dans ce sens, la visibilité n’est pas trop mauvaise. Ce sera médiocre au retour, soleil couchant, brume… Je passe Fontenay-le-Comte et vois au loin le terrain vers lequel nous allons pour la maintenance de nos appareils. Changement de radio, de Nantes, je passe avec Poitiers. Je n’entends pas grand-chose… Niort est en vue.

Mes segments sont courts, ce n’est pas trop compliqué. Au contraire du premier segment, j’ai beaucoup mieux compensé mon avion et je n’ai pas besoin de m’en occuper. Je peux naviguer. Mon instructeur serait fier de moi : je regarde dehors et pas seulement ma carte ! Je fais proprement mes bilans carburant, note mes horaires de passage, observe la carte VAC de l’aérodrome de Niort et entre en contact avec eux. Personne en vol dans les environs. Un pilote au sol me donne le QNH : 1021 et la piste en service : 07.

Je prépare mes papiers pour le segment retour, je suis en avance sur mon avion, assez content de moi sur ce deuxième pan de voyage. Survol de la verticale et confirmation de la 07 en service. Je m’annonce pour une vente arrière 07. Je me dis que je suis prêt et ne vais faire qu’un toucher, puis reprendre le circuit de piste pour repartir dans l’autre sens vers La Rochelle. Je prépare mon avion. Tour de piste à 1300 pieds (c’est sur mon log de nav). Base 07, j’entends qu’un appareil est au sol et attend que j’atterrisse pour remonter la 07 et s’aligner. Finale 07. J’ai fait un tour de piste sans vraiment éviter les villages en-dessous, enfin… presque. Je touche. Je remets les gaz. 110 l’avion décolle mais ne monte pas. J’ai encore un long bout de piste devant moi. Je fais le choix de couper et de me reposer. Sans stress. Presque. Je coupe, ralentis et me repose. Freinage. Sueur. J’annonce que je remonte la piste jusqu’au taxiway. Je vais aller souffler. Et voir pourquoi ça a merdé…

Au parking, je demande conseil à l’appareil à côté de moi sur les raisons potentielles de mon problème. Leur réponse : « Nous ne sommes pas juges, on fait tous des erreurs ». Merci du conseil. Je m’en vais donc débrouiller mon souci tout seul. Problème : l’avion ne montait pas. Je refais les essais moteurs… Oh ! J’ai laissé la réchauffe carburateur. Déjà 100 tours de gagnés. Je refais la check-list avant décollage… Oh ! Deux crans de volets. Rien qui ne fonctionnait pas mais seulement un pilote inexpérimenté qui a oublié d’aider l’avion à voler. Je peux repartir.

À l’aveugle, par la Nationale, je rentre au bercail

Remontée de piste. Décollage en 07. Dans la réchauffe et avec juste un tout petit cran de volets, ça grimpe tout seul. Circuit de piste et direction LFBH en suivant un cap 255. Soleil dans la tronche. Je n’y voit rien. Je quitte la fréquence de Niort. Je repasse avec Poitiers (on me dira plus tard « inutile, reste avec La Rochelle ») et n’entends rien ou presque, 1 sur 5. J’entends le numéro à afficher au transpondeur. C’est déjà ça. On m’indique un trafic, même hauteur, direction opposée. C’est le seul truc que j’entends. Heureusement, il me passe (trop) près des miches et n’a pas de radio… Il faudra que je me renseigne sur le pourquoi du comment. Faute de pouvoir suivre ma route en n’y voyant rien, je me fie à la Route Nationale 11. Pas tout à fait droite mais si je la garde sur ma gauche à une distance raisonnable, je devrais garder mon cap et retrouver Ma Rochelle !

Contact avec La Rochelle Info. J’ai Le SAMU 86 qui arrive en face, 700 pieds bas. On me demande de garder un cap 270 et altitude constante. Je m’exécute. Trafic croisé, on m’autorise à intégrer directement en longue finale. Je suis premier. Je suis fatigué. Je me pose délicatement (c’est bien) mais un peu après les plots (c’est moins bien). Résultat, je m’arrête après le taxiway (deuxième fois de la journée !) et doit remonter promptement la piste pour libérer pour le suivant. J’obéis. Je libère. Je passe le point Alpha et roule au parking. Je me gare. Je coupe. Je souffle. Putain, je l’ai fait.

Carnet de route. Carnet de vol. P, comme Pilote, dans la case « Fonction à Bord ». Whaou!

On m’offre une bière. Mon instructeur me demande un débriefing objectif et me félicite (après m’avoir un peu charrié sur ma manœuvre niortaise, il faut bien). Je suis crevé. Je suis sur un nuage. Je dois préparer Angoulême. Puis Poitiers. Puis Angoulême et Poitiers en triangulaire, la navigation de l’examen. Ça approche. Je souris. Je suis sur un nuage.