Voir Mauléon (LFJB) puis se détourner…

Voir Mauléon… (et éviter de mourir)

Ce samedi après-midi, 14 janvier 2017, le temps était clément. Point trop de nuages à l’horizon, une configuration idéale pour ce vol d’instruction.

L’objectif : trouver le terrain de Mauléon (LFJB) près de Cholet, à 48 nautiques de La Rochelle. Pas facile, paraît-il. Finalement, en suivant mon cap 025 et en respectant à peu de choses près le trait tracé sur ma carte, j’ai plutôt trouvé rapidement. Certes, la piste n’est pas large, mais quand on suit les consignes, on trouve (le cap, le temps, les repères…).

Piste 04, ou pas

Atterrir en piste 04. Finalement non. Un avion décide de décoller en face de nous en piste 22. Sur la fréquence 123.500, autrement connue sous le doux nom de “radio bordel”, j’entends en effet qu’un autre appareil entreprend de décoller dans la direction opposée à celle que j’ai choisie pour atterrir. Manche à air perpendiculaire à la piste, mon choix de la 04 était un parti pris, tant pis nous ferons le tour dans l’autre sens et atterrirons en 22.

Mon tour de piste est assez hasardeux. Je finis tant bien que mal dans l’axe, sur le plan, et à la bonne vitesse ! L’essentiel, en somme. Nous nous posons, et marquons une courte pause. Quelques minutes de répit pour récupérer le log de navigation qui me servira (ou pas) au retour. Je sais d’avance que je serai détourné, mais je ne sais pas quand. Surprise donc, à venir.

Une fois prêt, je remonte la piste (la demi-piste étant un peu trop courte à mon goût et surtout au goût de mon instructeur) pour décoller de nouveaux en 22. Le soleil qui brille en face de nous, rasant, m’empêche de voir les points de repères que je n’avais de toutes façons pas pris… Note pour plus tard : prendre des points de repère. Tant pis, le cap de mon log et le temps de parcours estimé devraient suffire. Et je devrais reconnaître la route par laquelle je suis venu. Autre note pour plus tard : suggestion, pertinente ma foi, de mon instructeur, prendre un point de repère immédiatement à la sortie de l’aérodrome pour garantir que je prends le bon cap ! En attendant, mon cap est approximatif. Je pense quand même être sur la bonne trajectoire. L’orgueil, sûrement.

… Puis se détourner

Travers de Pouzauges (belle bourgade), détournement. Direction la Roche-sur-Yon. Cap 260, à la louche (et au compas aussi, un peu). Cela devrait coller. Reste à tracer le trait sur la carte pour vérifier. Gloire. Visiblement, je ne me suis pas (trop) trompé. 260 ce sera. Environ 11 minutes de vol à venir pour atteindre notre deuxième objectif de l’après-midi. La Roche-sur-Yon (LFRI), son AFIS, sa piste 10-28.

Je vérifie mon cap et cherche des points de repère. Au grand dam de mes mauvais yeux, je crois couper au sol une autoroute qui n’est en fait pas celle que je pointe sur ma carte. Je crois à l’A87 en voyant l’A83, ou l’inverse. Une autoroute est une autoroute (cela fonctionne aussi avec “une voie ferrée est une voie ferrée” ou “une rivière est une rivière”…). Je m’imagine un village. Celui-ci n’est autre que celui d’à-côté de celui sur lequel j’ai pointé mon doigt (je me gourre, en fait). Je zigzague un peu, mais La Roche-sur-Yon ne doit pas être très loin. J’apprendrai après le vol (et en regardant ma trace sur Air Nav Pro) que mon cap initial était le bon, et que j’ai tout seul perdu le fil de ma navigation. Les zigzags, c’était dans ma tête puis dans le manche. Je n’aurais rien touché, je serais arrivé plus vite. Bien fait, c’est une leçon. Je ferai mieux la prochaine fois.

Contact avec l’ATIS de LFRI. On lui dit ce que l’on fait, ce n’est pas un contrôleur. Je n’ai pas encore trop l’habitude. Le confort du terrain contrôlé de La Rochelle, sûrement. J’arrive en vue du terrain. Piste préférentielle, 28. Nous ne marquerons là qu’un toucher. Retour ensuite vers La Rochelle.

Arrivée par le nord, contact au point November, nous intégrons directement en base pour la piste 27. Un appareil devant nous, nous sommes deuxièmes. Rapidement les roues sont au sol, j’atterris un peu dur. Naviguer fatigue l’esprit et fait transpirer. Mon dernier atterrissage est moins soigné. A retenir, pour la prochaine fois.

Au total, 38 minutes (à cause du vent, j’avais prévu 29…) puis 23 minutes jusqu’à La Roche-sur-Yon, puis encore 23 minutes pour rentrer au bercail. 1h24 de vol, belle leçon. Ce circuit, c’était le dernier avec mon instructeur sur ma droite avant de faire le deuxième grand saut de cette formation. La prochaine navigation, ce sera seul (comme un grand !).

La prochaine nav, en solo…

Je le sens. A peu près. Je dois préparer pour la prochaine fois un circuit entre La Rochelle, La Roche-sur-Yon et Niort. Petit circuit, trois terrains connu (terres inconnues ?). Première navigation en solo. Confiant, mais pas trop. On verra bien ce qu’il advient. J’espère que mes roues toucheront correctement, trois fois de suite.

J’entame un nouveau cycle dans ma formation. Celui des navigations en solo. Ensuite, révisions. Puis examen pratique. Qualification au printemps, j’espère. Ce samedi, j’ai fait un pas de plus vers un rêve qui devient une réalité.

Quand ce sera fait, je pourrai vraiment entamer mon projet de Tour de France. Mon futur accompagnateur m’a dit “il faut qu’on bosse”. On va bosser.